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( « Rendre Grâce » – Le Taillis Pré, 2022 )


*

Écoute

Laisse-toi gagner
Prends le pouls de l’Ouvert
Le pas de la clarté


Rien n’est encore à formuler


*

Tout au bercement du feuillage est souffle ordonnant
Tout se courbe pour mieux écouter


*

Le rêve ne se soustrait plus à un battement de cils
La toile peut se tendre à fleur de peau
Effleurant ce non-lieu d’où reposent nos paupières 

Un bruissement d’ombre se fige
Les ramures cambrent un silence-né 

Le mystère s’enfante
Et toi l’enfant-passeur tu t’enchantes, chemin faisant


À peine posée se joue l’œuvre de son émerveillement 



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 Chérir ce creux en la paume comme oisillon recueilli

Le dialogue parfait est une promenade : deux mains unies dans l’obscurité
encore vierge d’un paysage senti



*

Qui soutient la nuque du nouveau né
lorsqu’au devant
de tout rythme, se tient

musique d’entre toutes
les musiques

—
battements intimes
de l’irrévélé





*

Au fil du jour, le déclin progressif de notre acuité — le champ s’élargit,
les mots nous quittent : l’inconnaissance  radieuse  transparait.



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Fenêtre ouverte sur son lit d’hôpital à l’écoute du chant d’oiseau,
dressant le bilan complet au nom d’une exigence forcenée — la ‘tâche’ secondaire à l’enchantement premier. 



L’écolière ne prend plus de notes : elle rend grâce.



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Evocation pérenne, carnet intime du berceau de l’enfance voisine — les premiers pas du poème descellent les lèvres du grand âge, terme à terme.